Rouge, Vert, Jaune : la méthode allemande / France - Grande-Bretagne : le torchon brûle / n°222 / 5 décembre 2021

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Une émission de Philippe Meyer, enregistrée en public le 2 décembre 2021 à Évron.

Avec cette semaine :

  • Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique.
  • Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.
  • Lucile Schmid, membre du comité de rédaction de la revue Esprit.
  • Richard Werly, correspondant à Paris du quotidien helvétique Le Temps.

ROUGE,VERT, JAUNE : LA MÉTHODE ALLEMANDE

En Allemagne, après moins de deux mois de négociations, les Verts, les sociaux-démocrates (SPD) et les libéraux (FDP) se sont entendus le 24 novembre sur un contrat de coalition de 177 pages. Baptisé « Oser plus de progrès - alliance pour la liberté, la justice et la durabilité », ce contrat a pour priorités immédiates la relance et la réorganisation de la lutte contre l'épidémie autour de l'obligation vaccinale, alors que le pays connaît une flambée des contaminations. Le programme de gouvernement concerne la lutte contre le changement climatique et la limitation de la hausse des températures à 1,5 °C, qui devient un objectif général pour les ministères de l'agriculture, du logement et de l'énergie. La couverture de 80 % de la consommation d'électricité par des énergies renouvelables est prévue dès 2030 contre 40 % aujourd'hui. La coalition insiste sur la nécessité d'investir massivement dans la modernisation du pays, dont les infrastructures, en particulier numériques, sont vétustes, un plan d’investissement sans hausse des impôts et du déficit. Le contrat prévoit deux mesures sociétales auxquelles seront sensibles les jeunes, principal électorat des Libéraux et des Verts : le droit de vote à partir de 16 ans et la légalisation du cannabis, en distribution contrôlée pour les majeurs. Les trois partis s’accordent sur une hausse du salaire minimum de 9,35 euros à 12 euros, sur la réforme des retraites et sur la construction de 400 000 logements par an. En Europe, le nouveau gouvernement souhaite s'engager dans une politique volontaire et active. Il ouvre la voie à une révision du pacte de stabilité et prévoit de consacrer 3 % du PIB à l'action internationale ce qui est compatible avec la hausse de l'effort de défense.

Le poste de chancelier revient au social-démocrate Olaf Scholz, qui a permis au SPD de terminer en tête des élections du 26 septembre dernier - il doit encore recevoir l'onction du Bundestag, a priori la semaine prochaine. Le portefeuille des Finances est attribué au FDP. Leur chef, Christian Lindner, fervent défenseur de l'orthodoxie budgétaire, est pressenti pour l'occuper. Les Verts obtiennent les Affaires étrangères, qui devraient échoir à leur co-leader Annalena Baerbock, ainsi qu'un « super-ministère » regroupant Economie et Climat, qui devrait être dirigé par l'actuel coprésident des Verts Robert Habeck, qui deviendra vice-chancelier. Les Verts ont également obtenu les portefeuilles de l'Agriculture et de l'Environnement, et celui de la Famille. C'est la première fois qu'une coalition de trois formations va diriger l'Allemagne. Après avoir franchi avec succès l’étape des négociations le SPD, les Verts et le FDP doivent désormais convaincre les membres de leurs propres partis d’approuver le texte pour former un gouvernement.

Le contrat de coalition est une tradition allemande qui remonte à 1961. Un document qui n’est pas juridiquement contraignant. Sous la dernière grande coalition de la chancelière sortante Angela Merkel, près de 20 % des objectifs inscrits en 2018 dans le contrat liant la CDU-CSU au SPD n’ont pas été réalisés.

***

FRANCE - GRANDE-BRETAGNE : LE TORCHON BRÛLE

La relation diplomatique franco-britannique s’est envenimée après le naufrage d'une embarcation qui a coûté la vie à vingt-sept migrants. Le lendemain, Boris Johnson a rendu publique sur Twitter une lettre à Emmanuel Macron avant qu’elle ne soit remise à son destinataire. Le Premier ministre britannique y demandait à la France de reprendre les immigrés arrivant sur les côtes de la Grande-Bretagne... « On ne communique pas d'un dirigeant à l'autre sur ces questions-là par tweets et par lettres qu'on rend publiques », a dénoncé le président français. En représailles, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annulé l'invitation de son homologue britannique à une réunion consacrée aux migrants à Calais. A l’issue de celle-ci, le ministre de l'Intérieur a appelé le Royaume-Uni à ouvrir un « accès légal à l'immigration » et à prendre « ses responsabilités », rappelant que, chaque année, 30 000 demandes d'asile sont enregistrées en Grande-Bretagne contre environ 150 000 en France. Il a précisé que la France n'entend pas remettre en cause les accords du Touquet de 2004. Ces accords placent la frontière britannique côté français et stipulent que Paris ne peut pas laisser les migrants traverser la Manche. En 2018, est venu s'ajouter le traité de Sandhurst en vertu duquel le Royaume-Uni a accepté de verser chaque année quelque 50 millions d'euros pour renforcer la protection et la surveillance des côtes françaises. Si les Britannique dénombrent 20 000 tentatives de traversées interceptées par les services français en 2021, Emmanuel Macron évoque, lui, 47 000 tentatives ininterrompues et 7 800 migrants sauvés par les services de secours.

Au-delà de la crise des migrants, les tensions se sont accumulées à propos de la pêche. Selon les accords du Brexit, les pêcheurs européens ont toujours accès à certaines eaux britanniques, et une licence doit leur être accordée pour peu qu’ils apportent la preuve qu'ils y pêchaient déjà auparavant. Mais Paris estime que les Français ont été délibérément lésés dans l'octroi de ces permis, notamment les petits chalutiers, qui peinent à apporter les preuves nécessaires de leurs anciennes activités dans les 6 à 12 milles nautiques des côtes britanniques et autour des îles anglo-normandes. Selon le président, 40 % des demandes de licence sont encore en attente, onze mois après la signature de l'accord commercial, tandis que le Royaume-Uni soutient avoir délivré 98 % des permis demandés par la flotte européenne. Les pêcheurs français ont lancé le 26 novembre, une opération de blocage de ports et des accès au fret du tunnel sous la Manche, côté français, pour exiger le règlement de ce litige avec le Royaume-Uni.

La crise de confiance bilatérale s’était déjà aggravée en septembre lorsque Paris a découvert que Londres avait négocié en secret avec les États-Unis et l'Australie un accord de partenariat stratégique, Aukus, qui a précipité l'annulation d'un contrat de vente de sous-marins français à Canberra.

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